
Gêne ou pudeur chez l'ostéopathe : poser vos limites en séance

Luca Roche
Ostéopathe · Brives-Charensac
Pourquoi la gêne est normale, et ce qu'elle dit de vous
Vous êtes assis sur la table, le praticien vous demande d'enlever votre pull, et soudain le cœur accélère. Vous ne savez pas si vous pouvez dire que cela vous met mal à l'aise. Vous vous taisez, et la séance commence avec une petite tension en plus.
Si cette scène vous parle, sachez qu'elle est très courante. La pudeur n'est pas un défaut : elle fait partie de la façon dont chacun protège son intimité. Elle varie selon l'histoire personnelle, la culture, l'éducation, ou simplement le jour.
Les situations qui peuvent mettre mal à l'aise
- Se dévêtir, même partiellement, devant une personne que l'on connaît peu.
- Être touché à des endroits que l'on protège d'habitude (bas du dos, hanches, ventre, poitrine, cuisses).
- Se sentir observé pendant que le praticien regarde la posture ou la façon de bouger.
- Ne pas savoir ce qui va se passer, ce qui rend chaque geste plus intrusif qu'il ne l'est peut-être.
Pourquoi je peux avoir besoin de voir le corps
En ostéopathie, j'observe la posture, les appuis, l'amplitude des mouvements et la façon dont vous vous déplacez. Voir la zone concernée peut m'aider à mieux comprendre ce que vous ressentez. Mais ce n'est jamais une obligation de tout montrer.
Beaucoup de choses sont possibles autrement : rester en sous-vêtements, garder un t-shirt ou un short, se couvrir d'un drap ou d'une serviette, ou réaliser certains tests habillé. Mon rôle est de m'adapter, pas de vous demander de vous adapter à moi.
Un bon cadre de soin est un cadre où vous pouvez dire « non », « pas comme ça » ou « pouvez-vous m'expliquer ? » sans avoir à vous justifier.
Le consentement : ce que vous pouvez dire, demander, arrêter
Le consentement n'est pas une signature en début de séance. C'est un accord qui se construit tout au long de la consultation, et que vous pouvez retirer à tout moment, sans explication.
Ce que je mets en place de mon côté
- Je vous explique ce que je vais faire, où, et pourquoi, avant de le faire.
- Je vous demande si vous êtes d'accord avant de toucher une zone sensible ou de vous demander de retirer un vêtement.
- Je propose des alternatives : tenue, drap, position, ou une autre façon d'examiner.
- Je vous invite à me dire si un geste est désagréable, et je m'arrête dès que vous le demandez.
Ce que vous avez le droit de faire
- Poser des questions : « Pourquoi ce geste ? », « Combien de temps cela dure ? », « Est-ce nécessaire aujourd'hui ? »
- Refuser une position, une zone ou un type de contact.
- Demander une pause ou interrompre la séance, entièrement ou en partie.
- Demander une autre tenue, un drap, ou plus de temps pour vous installer.
- Choisir qui est présent : certaines personnes se sentent plus à l'aise accompagnées, d'autres seules.
Exercice : se préparer en 2 minutes avant la séance
Certaines personnes trouvent qu'avoir préparé quelques mots à l'avance aide à les dire le moment venu. Vous pouvez essayer ceci, assis chez vous ou dans la salle d'attente :
- Respirez : inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
- Repérez une ou deux limites qui comptent pour vous (par exemple : « je préfère garder mon t-shirt »).
- Choisissez une phrase simple, et répétez-la à voix basse 3 fois : « J'aimerais que vous m'expliquiez avant de commencer. »
- Posez les épaules : relâchez-les, puis desserrez la mâchoire pendant 10 secondes.
Cet exercice ne remplace pas un échange avec le praticien. Il peut simplement vous aider à entrer dans la séance avec un peu plus de calme et de clarté.
Quand consulter ?
Vous reconnaissez peut-être l'une de ces situations :
- Vous repoussez un rendez-vous malgré une gêne ou une douleur, parce que l'idée de vous déshabiller ou d'être touché vous inquiète.
- Vous vous crispez dès que vous entrez dans un cabinet, ou vous n'osez jamais dire quand un geste vous dérange.
- Une expérience passée en consultation vous a laissé le sentiment que vos limites n'avaient pas été respectées.
Dans tous ces cas, vous pouvez m'en parler dès la prise de rendez-vous ou en début de séance. Nous pouvons convenir ensemble de la tenue, du rythme, des gestes envisagés, et d'un mot ou d'un signe pour arrêter à tout moment. Mon cabinet à Brives-Charensac est un lieu où l'on prend le temps d'expliquer.
Si une séance vous laisse mal à l'aise, vous avez toujours le droit d'en parler ou de consulter un autre professionnel. Et si votre douleur persiste ou s'aggrave, il est recommandé de consulter un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié.


